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23 Janvier 2018

RESTRUCTURATION D’ENTREPRISE : Un outil stratégique de management


Opération en Cours

Malgré un recul de l’ordre de 12% de son Indice Global des Défaillances, le cabinet Euler Hermès a enregistré plus de 200 000 défaillances d’entreprises pour la seule année de 2014 dans le monde. Ce grand nombre est portée principalement par les défaillances en France qui sur cette lancée s’établissent déjà à 18 000 pour le premier trimestre de 2015.L’Indice Global des Défaillances mesure l’évolution des faillites dans le monde. Cependant, cet indice sous-estime l’ampleur réelle du phénomène car les données utilisées pour son calcul ne concernent que les statistiques de 43 pays (dont 2 pays africains : le Maroc et l’Afrique du Sud) sur les 189 qui font l’objet du classement Doing Business de la Banque Mondiale, les statistiques sur les autres pays n’étant pas régulièrement (voire jamais) produites.Vu que les pays africains, notamment ceux d’Afrique subsaharienne, sont parmi les mal classés aux différents classements sur l’environnement des affaires avec une insuffisance des procédures légales de gestion des faillites, l’on pourrait penser que les statistiques en la matière pour les entreprises du continent seraient pires. En effet, les rares informations disponibles nous dressent un tableau alarmant. Un Recensement Général des Entreprises (RGE) effectué en 2010 au Cameroun indique que 69% des entreprises ont été déclarées en faillite. En d’autres termes plus de 2 entreprises sur 3 se retrouvent en situation de défaillance. De plus, un rapport de l’O.I.T (1992) indique que jusqu’à 70% des entreprises qui se créent en Afrique subsaharienne succombent trois ans seulement après leur création.Le but de cet article est de présenter un outil de gestion d’entreprise capable de permettre aux dirigeants de mieux conduire leurs sociétés pendant les situations de défaillance. Et mieux, utiliser en situation de relative stabilité financière dans l’entreprise, il pourrait permettre à l’entreprise de prévenir une situation de défaillance : il s’agit de la restructuration d’entreprise.

 

Qu’appelle t’on « restructuration d’entreprise » ?

 

La restructuration est une technique qui consiste à renforcer la structure financière d’une entreprise afin de permettre à cette dernière de pouvoir non seulement maîtriser cette structure, mais aussi (et surtout !) faire face de manière permanente à son passif exigible. Elle peut être financière et/ou opérationnelle.Dans le cas de la restructuration financière, il s’agit pour l’entreprise est de rétablir son équilibre financier (Versus Bank en Côte d’Ivoire en 2009). Ainsi, le banquier d’affaires après un diagnostic de la situation de l’entreprise peut intervenir aussi bien sur le haut du bilan (via des opérations de défaisance, de cantonnement, ou de titrisation etc) que sur le bas du bilan (Réduction des délais clients, allongement des délais fournisseurs, affacturage, etc. Son but est de gérer l’endettement de l’entreprise afin de garantir un montant suffisant de l’actif disponible permettant de couvrir le passif exigible, et cela de manière permanente.

D’une manière générale, son souci sera de s’assurer que l’activité de l’entreprise puisse être créatrice de valeur dans le temps afin de non seulement couvrir le passif de l’entreprise mais aussi de rendre possible la rémunération de ses apporteurs de capitaux. Lorsqu’elle est opérationnelle, la restructuration permet d’identifier et de stopper les activités de l’entreprise qui sont sources de sous performance ou de revoir sa structure organisationnelle afin d’être plus efficace (Google devenu Alphabet en 2015). Ce qui lui permet de se focaliser ou de se recentrer sur des branches ou secteurs d’activité rentables. Ainsi, le professionnel devra d’abord segmenter l’activité de l’entreprise selon les branches sur lesquelles elle se positionne, puis analyser leur performance individuelle et enfin voir comment elles interagissent les unes sur les autres. L’enjeu est de détecter les sources de destructions de valeur et de s’assurer que certaines activités n’interagissent pas négativement sur la performance des autres. L’on pourra éventuellement procéder à des scissions, des externalisations de certaines fonctions de l’entreprise, des délocalisations, ou des fusions & acquisitions etc.)

En outre, la restructuration peut être à la fois financière et opérationnelle. Dans ce cas, le financier devra gérer conjointement les équilibres financiers et organisationnels de l’entreprise. La restructuration apparaît, donc, comme un instrument de gestion de l’entreprise durant toute sa durée de vie et lui permettrait de se doter des moyens d’être solvable à court, moyen et long terme. Ainsi l’entreprise serait suffisamment armée pour affronter au mieux les périodes de défaillance et même pour éviter de s’y retrouver.

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